publiée le 2009-07-15 16:00:00
Grytalors se penche sur un monument de la dub et du reggea...Lee "Scratch" Perry.
Bon alors, ayant eu l’honneur d’être un éphémère jiwer star. Voici mon article…
Comment pourrais-je ne pas vous parler de reggae ? Mais je ne saurais vous résumer cette musique en un seul petit texte, j’ai donc choisi de vous parler d’un artiste qui a laissé son empreinte sur l’évolution de cette musique : Lee “Scratch“ Perry et qui a ouvert le champ d’autres ! le tout en musique pour l’occasion. J’espère qu’après cela vous irez chercher plus loin que ma modeste playlist.
Mon premier concert de reggae, c’était lui ! Le dub c’est lui ! (entre autres… Cf. King Tubby). Aujourd’hui encore, il travaille avec de nombreux groupes n’hésitant pas à s’éloigner du reggae/dub. Sa philosophie est de rapprocher le reggae de la spiritualité de la philosophie rastafarienne.
Sa carrière commence dans les années 1950 aux côtés de Coxsone et son légendaire Studio One. Là, l’homme à tout faire (enregistreur, parolier, auditionneur…) fera la connaissance des futurs grands noms du genre : Toots & the Maytals et les Wailers (qui enregistrèrent avec lui notamment "Sun is shining" et "Kaya" voir aussi lien )… Mais il quittera Coxsone faute de reconnaissance.
Après quelques années de travail auprès d’autres grands noms de l’époque, Lee Perry acquiert son surnom d’Upsetter (= l’emmerdeur) suite à un titre produit avec Prince Buster. Il fait alors connaissance de futurs membres du groupe The Upsetters pour finalement sortir l’album Return of Django (NB : très apprécié par la communauté punk anglaise de l’époque). Il travaille aussi sur l’album Blackboard Jungle Dub, où remixant divers chansons en retravaillant artisanalement sur les sonorités il lance un nouveau genre de musique : le dub, lointain ancêtre notamment du trip-hop, le ragga ou encore d’autres musiques électroniques actuelles. Son héritage est donc énorme, et, aujourd’hui encore, il continue la musique et travaille avec de nombreux groupes, notamment, en 2008 Roots Manuva.
Mais sa carrière va prendre vraiment de l’ampleur lorsqu’il lance le studio Black Ark en 1973. C’est là, qu’il produira quelques uns des meilleurs albums de reggae. Ce sera aussi un moyen pour lui de véhiculer son message de paix en conformité avec Jah (War ina Babylon de Max Roméo notamment critique les tensions politiques de l’époque en Jamaïque). L’album Reggae greats, illustre à merveille les productions de l’époque. La réussite est là, et avec elle la renommée (Paul McCartney ou encore les Clash se pencheront sur ces sonorités) mais aussi rapaces et mafia … C’est le début de la fin pour « l’arche noire », l’Upsetter semble de plus en plus sombrer dans la folie et après quelques péripéties il mettra le feu à son studio.
Commence alors une période d’errance qui le poussera à partir pour Londres. Puis il signe son retour avec l’album Battle of Armagideon. Après un autre album et plusieurs collaborations fructueuses, Lee Perry finit par partir pour la Suisse où il vit toujours isolé dans son univers n’en sortant que pour nous distiller parcimonieusement sa musique, comme par exemple avec l’album From the secret Laboratory.
Petite anecdote pour la fin : pour le titre people funny boy, Lee a donné une fessée à son fils pour enregistrer les pleurs nécessaires au titre. Travail en famille. Omar Perry, son fils arpente aujourd’hui les scènes reggae du monde entier.
Je vous laisse maintenant fureter sur Jiwa et écouter différents albums où l’emmerdeur nous prouve son indéniable apport à la musique. Ou sinon, il reste la playlist confectionnée par mes soins à votre attention : Lee Perry et son héritage
Source: jiwa
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