publiée le 2009-11-03 00:00:00
Sawubona, merhaba, hallo, bonjour
à toi, ami(e) Jiwer qui passe en cette contrée !
Je t’invite au voyage, es-tu partant pour une téléportation musicale
sans kérosène, ni passeport, ni tourista ? La World music t’offre
tout ça et l’authenticité qui va avec.
Mais laisse-moi t’en dire un peu
plus…
J’aime la World music parce que
c’est un voyage sac à dos riche de rencontres, tous sens en
éveil…
Le terme «World Music», déjà utilisé
par des ethnomusicologues anglais dans les années 60 et 70, a été
officiellement utilisé dès la fin des années 80 par des professionnels
de la musique du monde en Angleterre. L’idée était de regrouper
les productions de toute une catégorie musicale n’appartenant pas
aux genres pop, rock, jazz et classique sous une appellation qui n’allait
pas tarder à être labellisée. Toutes les musiques du monde trouvaient
dès lors une dénomination commune et un présentoir chez les disquaires.
J’aime la World music parce qu’elle
parle le langage secret de nos gènes, une interculturalité
qui dépasse mon « savoir » pour s’exprimer
à mon « être»…
Différents labels vont amener sur le
devant de la scène des artistes qui jusque là offraient leurs
productions musicales de façon confidentielle : "Crammed Disc» va
lancer
Zap Mama,
Bebel Gilberto ou encore
Taraf de
Haïdouks. Même les plus grands labels, tel le groupe Warner, va
créer son sous-label world «Nonesuch Records» qui produira parmi
tant d’autres
Astor Piazzola,
Youssou N’Dour ou quelques
albums du
Kronos Quartet. Relevons encore le label indépendant
«Putumayo» qui propose des compilations très accessibles sur un thème
(musique Klezmer, Indiens d’Amérique ou bossa, salsa, samba…).
J’aime la World music parce qu’elle
nourrit mon besoin de m’enrichir par la différence…
Certains rockers vont promouvoir la scène
world avec une grande énergie.
Brian Eno et
David Byrne
enregistrent en 1981 «My
life in the bush of ghosts»
qui intègre des samples de cérémonies tribales, le chant du muezzin
arabe et une pop égyptienne typique parmi bien d’autres extraits,
un joyeux mélange de sons puisés tout autour du monde sans barrières
de races, confessions ou couleurs. Lorsque le leader des
Talking Heads
compose la B.O.F. du film de Jonathan Demme «Dangereuse sous tous rapports
(Something wild)», il invite
Celia Cruz,
Johnny Pacheco
et
Ray Barretto à y participer. Sa passion et son engagement
le poussent à créer son propre label world «Luaka Bop» sur lequel
il produit les meilleurs musiciens latinos de l’époque, tel le Brésilien
Tom Zé qu'il sort de l'oubli ou la Péruvienne
Susana Baca.
L’album «Aka/Darbari/Java» de
John Hassell est un autre album majeur précurseur de cette ouverture
à la musique du monde. Enregistré en 1982, il puise au cœur du monde
asiatique la matière à tisser d’une musique évocatrice et plaintive
que sa trompette emprunte à la corne javanaise. «
Graceland» de
Paul Simon est également un hybride
fascinant qui puise aux racines de la musique mbaqanga sud-africaine,
un concept marketing intéressant dans son aspect controversé (contexte
d'apartheid), bref une alchimie majeure dans l’épanouissement du
genre.
J’aime la World music parce qu’elle
repousse clichés et préjugés au vestiaire…
Impossible de parler de world music sans
évoquer
Peter Gabriel et son prosélytisme de la scène world.
Dans la mouvance des tournées «Human Rights Now» organisées par
Amnesty International, il fonde le «WOMAD», festival mondial itinérant
avec, à l'affiche, dès la première édition,
les Tambours du Burundi
et
les Musiciens du Nil. Son label «Real World», créé en
1989, produit
Papa Wemba,
Geoffrey Oryema,
Sheila
Chandra et tant d’autres. Des musiciens de tous les continents
viennent enregistrer dans les studios high-tech qu’il met à disposition.
Si la démarche de Peter Gabriel a permis
de populariser la musique du monde, elle est néanmoins critiquée par
certains puristes qui jugent son approche dénaturante car elle intègre
les nouvelles technologies et tend vers la fusion des genres.
Damon
Albarn le leader de Blur et de Gorillaz, qui est également un fervent
défenseur des musiques africaines, ne s’est pas privé de critiquer
vertement les productions «Real Word». Pourtant, il n’est pas rare
de lire une forme d’exaspération sur l’image de la musique africaine
de la part des artistes africains eux-mêmes, tel
Youssou N’Dour
qui clame que l’Afrique ce n’est pas seulement la brousse mais également
beaucoup de villes modernes avec des technologies modernes.
J’aime la World music parce qu’elle
invite à élargir les horizons, à
quitter les repères confortables et
à oser une autre façon d’écouter le monde…
Le marché du disque s’élargissant,
la tendance actuelle est plutôt à la fusion des genres, la world music
devient un concept évolutif, un système de construction hybride, mélanges
de sons, de références, de rythmes, samplés, détournés, tous les
intermédiaires s’expriment avec une joyeuse et jouissive créativité
que j’ai tenté de compiler avec diversité sur mes 2 PL. Les courants
les plus modernes qui empruntent une instrumentation et une technique
de production à l’occidentale se retrouvent également sous la dénomination
de «world beat».
Ry Cooder,
Angelique Kikjo,
Rachid
Taha ou
Yothu Yindi sont quelques représentants de cette
pop music internationale dont les racines traditionnelles peuvent être
encore très visibles.
J’aime la World music parce que
si elle se définit par ce qu’elle n’est pas, elle s’apprivoise
par ce que nous sommes : des citoyens du monde…
Umia, routarde en paysages sonores !
Source: jiwa