Sous influence : inspiré ou mal inspiré ?

publiée le 2010-01-04 00:00:00


Au lendemain des élections des Nouveaux Jiwers  Stars, un ex-Jiwer Star :  Onde de Choc nous parle de l'inspiration des artistes. Un article complet pour bien commencer l'année. La Jiwa Team vous souhaite une bonne année 2010 à tous sur Jiwa !


Qu'est-ce qui inspire le musicien compositeur ? La relation entre l'artiste et son inspiration pourrait être vue avec le regard romantique de la conquête amoureuse. L'artiste qui cherche, courtise, cajole, flirte avec l'inspiration pour enfin enfanter d'une chanson qui le remplit de satisfaction et de bonheur.

Toutefois, la réalité semble plus proche de la relation entre Sisyphe et sa pierre. Puni par Zeus ce pauvre mortel fut condamné à pousser éternellement un rocher au sommet d’une montagne sans jamais y parvenir. Dans le fond c'était le début du Rock & Roll ! L'artiste contemporain n'est-il pas un peu un Sisyphe moderne, victime d'une société de consommation en perpétuelle recherche de nouveautés? Difficile dans ce contexte de garder intacte une inspiration que le système cherche à capitaliser au maximum… Cet éternel recommencement peut être d'autant plus difficile à gérer par les artistes qu'il peut y avoir une forte pression de la part de la maison de disques pour ressortir rapidement un nouvel album. Il faut alors parfois stimuler l'inspiration.

Cet article a pour objet les chansons qui se ressemblent. Il a pour but d'investiguer brièvement autour de ces chansons dont l'inspiration semble avoir été trouvée chez l'autre.
   
Coïncidence ou plagiat

Chaque artiste est constamment influencé par son environnement dans sa démarche créative. C'est tout aussi naturel et automatique que la respiration. Ce n'est certainement pas un hasard qu'on parle d' "inspiration". Des impressions, des sentiments, des expériences, des sons façonnent les compositeurs et leurs créations. Il n'est pas étonnant que ces sons soient parfois des chansons déjà écrites et qui vont servir, de manière plus ou moins consciente, de base pour une nouvelle chanson.

Les histoires de droits d'auteur, avec les intérêts économiques qui y sont liés, ont amené la thématique vers la distinction entre inspiration et plagiat. Ce débat a même était porté jusque devant les tribunaux. Les instances juridiques ont dans certains cas fait faire une analyse musicale afin de quantifier le degré de similitude et définir si on pouvait considérer qu'il s'agissait de la "même" chanson.

Dans les années ’60  par exemple, les Beach Boys, Les Beatles, Les Stones imitaient la façon typique de jouer de la guitare de Chuck Berry. Le procès contre les Beach Boys a notamment débouché sur l'accréditation de Chuck Berry en co-écriture pour la chanson "Surfin' USA" à cause de la ressemblance avec "Sweet Little Sixteen".

Un autre cas tristement célèbre et plus actuel et celui de The Verve pour la bien nommée chanson "Bitter Sweet Symphony".  Il semble que le groupe n'ait rien perçu sur les recettes de cette chanson à cause d'une ressemblance frappante avec un enregistrement confidentiel de The Andrew Oldham Orchestra de la chanson "The last time" des Stones. De quoi laisser un goût amer après le doux succès !

Je citerais encore le cas de Coldplay avec leur hit " Viva la Vida" (2008). Une écoute même superficielle de la chanson Satriani "If I Could Fly" (2004) révèle là encore une similitude frappante. Pas étonnant qu'il y ait une poursuite contre Coldplay pour plagiat. Sans oublier les fans de... Alizée qui disent que Coldplay a copié des éléments de "J'en ai marre" (2004) pour ce titre!

Lorsque les artistes vont puiser aux mêmes sources, leurs créations développent forcément un air de famille marqué. C'est l'exemple typique du fameux Canon de Pachelbel, qui a légué à la musique moderne une suite d'accords largement récupérée dans plusieurs styles. Un sketch sur Internet qui s'appelle Pachelbel Rant cite une dizaine de chansons, dont  “Graduation (Friends Forever)” de Vitamin C, Cryin’” de Aerosmith,"Basket Case"de Green Day, “Complicated” de Avril Lavigne, We’re Not Gonna to Take It” de Twisted Sister, qui utiliseraient ces mêmes accords.

L'envie de répertorier ce type de chansons apparentées m'a poussé à créer ma PL Faux Jumeaux.

Chercher l'inspiration sous la pression

Un compositeur ou un groupe peut aussi prendre une de ses propres chansons comme inspiration. A titre d'exemple on peut citer l'équipe de production de Motown, Holland-Dozier-Holland qui devait trouver un nouveau hit pour les Four Tops suite au succès de "I Can't Help Myself (Sugar Pie, Honey Bunch)" n°1 en juin 1965. En effet, Columbia Records a voulu surfer sur le succès de ce titre et a demandé un nouvel hit dans un délai de 24 heures seulement, écriture et enregistrement compris ! Pari tenu grâce à un habile tour de passe-passe : les compositeurs déjà bien fatigués zappaient sur la radio en recherche d'inspiration lorsque l'un dit : "On dirait la même vieille chanson". Puis de rajouter : "Attends une seconde…" Il a ensuite pris la chanson 'I Can't Help Myself', l'a joué à l'envers et a récupéré les accords ainsi trouvés. La "nouvelle" chanson était toute trouvée et le défi relevé ! Ils avaient créé un nouveau hit qu'ils ont nommé  "It's the Same Old Song". Il est intéressant de noter encore que la chanson initiale était en fait largement inspirée de "Where Did Our Love Go" des Supremes. Les Supremes qui ont ensuite repris "It's the Same Old Song". On trouve ainsi dans cette anecdote les différents éléments que sont l'inspiration par une autre chanson, la reprise d'une partie d'une autre chanson (c'est la base du sample) et la reprise.

La citation musicale

Une autre manière de prendre une part d'inspiration chez d'autres artistes consiste à reprendre un extrait de la chanson telle quelle. Cette méthode n'est pas nouvelle, témoin Pulcinella, ballet avec chant en un acte d'après Giambattista Pergolesi de Stravinsky. Cette œuvre est constituée d'emprunts à des œuvres de Giovanni Battista Pergolesi, compositeur italien antérieur de près de deux siècles à Stravinski. Les spécialistes ont longuement débattu quant à savoir si on pouvait reconnaître la paternité de cette œuvre à Stravinsky. Les musicologues s'accordent à dire que, même si la musique est de Pergolesi, c'est bien l'oeuvre de Stravinsky.

Cette manière de citer d'autres œuvres musicales a trouvé son apogée avec l'avènement des technologies modernes et la technique dite du "Sampling".  Il s'agit d'enregistrements de parties plus ou moins importantes d'une chanson qui sont intégrées quasi telles quelles à la "nouvelle" chanson. Il peut s'agir d'un rythme que l'on retrouvera tout au long du morceau ou d'un son inséré par ici ou là. Il en découle que certains « samples » sont tout à faits reconnaissables (Puff Daddy – "Come With Me" : Led Zeppelin – "Kashmir" ) alors que d'autres sont plus discrets (Eels – "Novocaine" :  Fats Domino – "Let The Four Winds Blow"). Le sommet de ce processus s'exprime dans des titres qui ne sont plus qu'un ensemble de samples (Moby par ex. a largement exploré cette technique).

La reprise

Un titre existant peut aussi motiver un artiste à en faire une reprise. Le but est parfois uniquement commercial et la reprise une pure copie de l'original. Dans ce cas la place de l'inspiration est minime. La motivation du groupe copieur est souvent d'accrocher l'attention du public par une valeur sûre, un titre hyper connu, en espérant l'intéresser à ses propres créations. C'est souvent le cas des groupes naissants.

Dans une autre dynamique, un artiste peut être touché par une chanson et intéressé à en faire quelque chose de différent, de personnalisé. C'est alors que l'original devient le point de départ d'une nouvelle création et se fait vecteur de l'inspiration. Il existe par ailleurs des reprises tellement décalées d'avec l'original que celui-ci en devient méconnaissable. Certains interprètes se font spécialistes de la reprise, tel Joe Cocker. A l'autre pôle, certains artistes compositeurs deviennent source d'une multitude de reprises. Le cas de Bob Dylan en est peut-être le plus marquant (http://dylancoveralbums.com).

Un phénomène plus inattendu de la reprise est illustré par Johnny Cash. Nous avons l'habitude de la reprise de chansons anciennes par des groupes plus récents. Quelle étonnante découverte donc de voir un vétéran du country/folk reprendre des titres de groupes modernes et de s'offrir une nouvelle jeunesse. En effet, après une période de grande popularité dans les années 50 à 70, Johnny Cash passe le creux de la vague dans les années 80. Les radios lui préfèrent alors des artistes plus contemporains et il rencontre des conflits avec sa nouvelle maison de disques. La fin des années 90 marque un tournant pour Cash avec la rencontre du producteur Rick Rubin. De leur collaboration découleront six albums dits American Recordings. C'est une renaissance artistique pour Cash qui s'approche des 70 ans !  Il va notamment présenter de nombreuses reprises d'artistes d'horizons variés comme U2, Leonard Cohen, Nick Cave, Soundgarden et Nine Inch Nails. Le résultat est riche, les morceaux étant souvent complètement retravaillés.

Moins connu, (Little) Jimmy Scott (né en 1925) a vécu une première période de réussite dans les années 40 et 50. Puis, bien qu'il sorte quelques nouveaux albums, Jimmy Scott vit une période plus difficile durant laquelle il doit vivre d'autres sources que la musique. Il recommence à se produire dans les années 80 puis fait son véritablement come-back dès 1991. En effet, selon le dernier souhait du grand compositeur de blues américain Doc Pomus, Jimmy Scott chante "Someone to Watch Over Me" à son enterrement. Au cours des funérailles, la chanson touche Seymour Stein, le producteur de Madonna, qui lui offre une nouvelle chance: Warner Bros lui fait signer un contrat pour cinq albums. C'est un nouveau départ pour Jimmy Scott qui va par la suite sortir Dream en 1994, Heaven en 1996 et Holding Back the Years en 1998 comprenant toutes des reprises de la musique pop dont "Nothing Compares 2 U".

De nombreux jiwers ont créé des PL sur le thème de la reprise, il y a en a plus de 500. Il y a aussi une intéressante PL, "Werthers Original", qui regroupe les titres originaux qui ont été éclipsés par leurs reprises.

Et Sisyphe continue à rouler sa bosse

Ainsi Sisyphe cherchant l'inspiration roule son roc(k) encore et encore dans sa quête du succès. Parfois l'inspiration vient tout naturellement, le morceau prend forme du néant et, si tout va bien, le public suit. En d'autres occasions l'inspiration vient de ses prédécesseurs ou de ses contemporains. Certains artistes affichent clairement l'affiliation de leur création, d'autres la réfutent. Et peut-être les coïncidences existent-elles… tant de chansons sortent chaque année.

Toujours est-il que l'industrie de la musique veille au grain, que ce soit pour pousser à la production ou faire valoir les droits d'auteur, tel Zeus qui s'assura que Sisyphe n'achève jamais sa tâche. Ainsi le nombre de titres produits s'accroît chaque année et soulève la question suivante : Viendra-t-il le jour où tout aura été fait, où l'inspiration se tarira et laissera Sisyphe pétrifié devant un rocher immobile?


Article par Onde de Choc

Ecoutez ma PL Faux Jumeaux


Excellente écoute sur Jiwa !


Sources :
www.allmusic.com
www.wikipedia.com



Source: jiwa

Commentaires

Onde de Choc Le 2010-01-07 12:26:34, Onde de Choc a écrit:
Je suis très content que mon article ait suscité intérêt et commentaires de votre part !

Tout a commencé par un intérêt pour ces chansons qui se ressemblent, l'envie de trouver le "jumeau" de cet air de connu…, le fameux principe de cette émission "Marions-les" que je ne connais pas mais qui devait être intéressant. Merci par ailleurs pour les propositions que j'écouterais avec curiosité. Bref, ces ressemblances m'ont amener à créer la PL puis mes recherches ont inspiré cette article, bien que l'écriture ne sois pas mon allié le plus fidèle.

L'inspiration par les autres est effectivement vieux comme le monde, je suis d'accord avec Phil et nime là-dessus. A l'époque était-ce plus accepté qu'aujourd'hui ?

Merci Novalpha pour cette info concernant Pachelbel. Tu remarqueras que je ne suis pas connaisseur en matière de musique classique. Ainsi tes éclaircissements me font grand plaisir!

Seelen, tu demandes "Mais de quoi parle t'on en fait ? De plagiat ou d'inspiration, de coïncidences harmoniques ou de rapports de maîtres à élèves, d'ancien à nouveau, de tradition à contemporain ...". Le départ de cet article est la ressemblance entre chansons. Le fil en est l'inspiration, d'où elle vient. Ainsi je parle de manière somme toute assez succinctement de plusieurs des thèmes que tu relèves ici.

Dans la phrase de la conclusion que tu cites ("le morceau prend forme du néant"), qui a aussi marqué cyrcle, le néant fait une référence "romantique" à une certaine nouveauté musicale et non à un manque total de référence. Par ailleurs j'aborde dans ce sens au début: "Chaque artiste est constamment influencé par son environnement dans sa démarche créative. C'est tout aussi naturel et automatique que la respiration...". Je pense aussi que certains artistes sont dans une démarche de création qu'ils ressentent comme un départ du néant. Ils commencent avec une feuille blanche. Bien que les influences inconscientes soient inévitables, l'intention est de créer quelque chose de nouveau. Et il y a ceux qui partent consciemment d'une œuvre existante. Certains l'assument et créditent l'autre artiste d'autres pas. Une citation amusante de Lennon tiré du lien très intéressant que Phil nous a proposé (http://www.vinylmaniaque.com) illustre bien le problème que pose le départ d'une "feuille blanche":
"Le tribunal dans l'affaire Bright Tunes Music Corp. contre Harrisongs Music, Ltd., 420 F. S u p p . 177 (1976), a conclu que George Harrison n'avait pas violé les droits d'auteur des Chiffons pour leur
titre « He's So Fine ». Cette décision de justice a ceci d'unique comme ceci : "Son inconscient avait déjà travaillé sur une chanson dont son conscient n'avait aucun souvenir. Ce qui, en matière de loi sur les droits d'auteur ne constitue pas une violation puisque c'est accompli inconsciemment." De mémoire il me semble que “Rock & Folk” mentionne une déclaration de John Lennon d'après eux "expert en matière de plagiats" à propos de Harrison : « Il aurait pu tout de même changer quelques notes...».

Lol!

Finalement je crois qu'il existe des chansons qui sortent complètement de l'ordinaire. Qui marquent une rupture avec les règles et normes de leur époque. Ces créations émergent en quelque sorte du néant dans la mesure où l'inspiration d'autres morceaux et très peu audible. C'est clair qu'il y a très souvent des influences d'autres courants, sinon chansons. Le rock influencé par le blues par exemple. Mais je crois en une certaine création, parfois très original dans le sens premier du terme. Veuillez donc accepter, sinon pardonner, cet usage du mot néant qui à mon avis permet d'exprimer en un mot une certaine réalité… et qui a déclenché la venue à l'existence de beaucoup de mots, dans la forme d'un débat que j'estime riche et intéressant ! ^^

(((♪OdC♫)))
seelen Le 2010-01-05 12:49:43, seelen a écrit:
Salut OdC,

Plagiat ou coïncidences harmoniques ?

Quel sujet les Mystères de la Création ... Sisyphe le spécialiste mythologique des Pierres qui Roulent aurait aimé The Rolling Stones mais malheureusement il ne comprenait pas l'anglais ...

Nous pourrions en débattre des heures et des jours de tout ce qui nourrit la création artistique et musicale .... qui copie qui ... qui inspire qui ... plagiat ou inspiration, Maîtres et elèves ....

Ton article me rappelle l'émission dominicale du milieux des années 60 "Les Kangourous n'ont pas d'Arêtes" qu'animait sur Europe 1 le regretté Francis Blanche.

Il avait inventé une rubrique qu'il avait intitulée " Marions-les" avec comme indicatif la chanson de Juliette Gréco "Marions-les" que je te laisse écouter ici ...

http://www.jiwa.fm/#track/1347635

Blanche s'amusait à comparer les chansons qui présentaient de troublantes ressemblances. Les auditeurs pouvaient téléphoner les chansons à marier et il y en avait des tonnes ....

... 3 exemples tirés d'une de ses émissions :

A Whiter Shade of Pale de Procol Harum

http://www.jiwa.fm/#track/394506

A marier avec :
l'Aria suite no 3 de Beethoven

http://www.jiwa.fm/#track/973337

Love me Please Love me de Polnareff

http://www.jiwa.fm/#track/996774

A marier avec :
Georgia de Ray Charles

http://www.jiwa.fm/#track/1182518

Le Loir et Cher de Michel Delpech

http://www.jiwa.fm/#track/3185194

A marier avec:
Get Back des Beatles

http://www.jiwa.fm/#track/39817

On peut encore s'amuser en plus de tes exemples à écouter ceux d'un internaute à l'oreille fureteuse: vinylmaniaque

http://www.vinylmaniaque.com/repertoire3/plagiats-musicaux.html

... qui a même consacré un site à recenser ce genre de coïncidences harmoniques .

La morale de l'Histoire ?

Ben pour moi y en a pas ¨Juste que ce n'est pas toujours dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes ! comme l'écrit un internaute rencontré sur la toile !

Après une Lecture attentive et intéressée de ton article je t'envoie ici-bas ...

Un Salut musical bien que Copié-Collé.

Phil Seelen Artiste Imagier ...

...Peut être un peu plagiaire qui sait ... puisqu'il n'y a pas de création artistique ex-nihilo, tout part de quelque part ...

.. mais c'est encore une autre histoire ...
Snowy Paw Le 2010-01-08 15:52:51, Snowy Paw a écrit:
Il est vrai que les véritables créateurs sont rares. Et la création demeure une démarche intime qui fait couler toutes nos influences... En une eau plus ou moins translucide. Car dans notre monde d'aujourd'hui, où tout se brasse tout en voulant se différencier, où, à mon goût, on ne fait que recycler un passé brillant, surtout en terme de musique. Mais peut être que la création peut accepter une deuxème définition : l'interprétation personnellle de notre culture. Nous ne pouvons que construire sur des bases déjà prêtes, je ne vois pas dans quel genre musical on pourrait "inventer"... Ah moins de créer un nouveau genre ! :)

Pour être dans la continuité d'Onde de Choc, je me permettrais d'apporter une petite anecdocte : cela fait donc un moment que j'écoute de la musique de film, vous l'aurez compris (^^) et suis tombée récemment sur la discographie du compositeur James Horner sur MusicMe, beaucoup plus complète que sur Jiwa, au départ pour m'envelopper de la BO d'Avatar. Puis, par curiosité, je me mets à écouter d'autres films, en plus de ceux que je connais déjà de lui (Titanic, A Beautiful Mind...) et là... Horreur ! J'écoute un morceau de "L'homme Bicentenaire" avec Robbin Williams et qu'est-ce que mes oreilles me soufflent... Que c'est exactement le même air écouté dans A beautiful Mind !! je me suis fait 8 albums à peu près, et... Partout les mêmes signatures.. Vous me direz normal c'est le même artiste... Sauf que cela fait des dizaines d'années qu'il ne fait que réchauffer sa soupe à quelques sauces différentes !

Pour en revenir au sujet d'Onde de Choc, on peut voir que l'artiste peut vite s'enfermer dans un cercle déjà "bouclé". Sûrement sous la pression des studios, on en vient à recopier des mélodies déjà mises en image... Depuis très déçue malgré moi, je me dis que j'ai de la chance de pouvoir faire ce qu'il me plaît sans que personne ne soit au dessus de moi.

Peut être serait-il aussi intéressant d'enquêter du côté de Jean Jacques Goldman qui a écrit la chanson des Restos du Coeur en une semaine... Mais les génies peuvent exister, aussi !!! :)

En tout cas bravo OdC !!! Article qui nous intrigue au départ, qui se développe et se révèle ! J'ai passé un bon moment à ta lecture, et encore, j'apprends et je ne m'en lasse pas.

Bises dorées à tous,

Patoune.
nime Le 2010-01-05 15:59:10, nime a écrit:
Bien, bien, bien ! je dirai même plus… Et voilà, je plagie aussi…
Si nombre d’artistes « contemporains » stimulent leurs oeuvres en s’ « inspirant ? » de créations précédentes, s’attirant ainsi les foudres de la justice !, moults troubadours aussi, auraient certainement dû finir au bûcher ! Et le Rock & Roll n’a fait que pérenniser une bien vieille habitude de copie, plagiat ou autres contrefaçons…En commençant par les « Rollin’ Stones » qui avaient emprunté leur nom au titre d’un morceau de Muddy Waters lui- même repris par Hendrix sous le nom de « Catfish Blues »… Là, je plaisante, bien-sûr ! Tout çà pour en revenir à notre ami Sisyphe et à sa pierre qu’il s’obstine lui aussi à faire rouler ! Un éternel recommencement !
L’idée en soi de cet article est déjà excellente, encore fallait-il pouvoir citer des exemples suffisamment concrets ! Et tu t’en sors magistralement bien avec cette idée de Playlist qui, j’en suis convaincu va attirer beaucoup de curieux. Une playlist qui ne demande qu’à grandir ! Et c’est ainsi que l’on retrouve notre Sisyphe poussant sa pierre !
J’ai bien-sûr lancé une impression de ton article et de ta play que je glisserai en bonne place dans la dernière édition de l’Odyssée du Rock de Florent Mazzoleni (publicité gratuite !) .
Pour amener de l’eau à ton moulin, Oserai-je te proposer le très connu « Free Bird » du Lynyrd et l’étoile filante Blind Faith avec « Présence of the Lord » , ainsi que « White Winter Hymnal » de Fleet Foxes et « Neighborhood » d’Arcade Fire…Par exemple…
Ton passage sur l’art et la manière de poursuivre une « idée qu’elle est bonne » par la Tamla Motown impliquant entre-autres les Four Tops et Diana Ross , me ramène aux groupes anglo-saxon de la même époque qui ont allégrement sortis, à la suite, quelques 45 tours qui n’avaient guère que la pochette pour les différencier, ce qui n’enlève rien, bien-sûr à la qualité de ces différents ensembles…Le blues, surtout dans les années 40’ et 50’ a lui aussi connu l’utilisation immodérée du papier carbone ! Je connaissais l’histoire concernant Jimmy Scott, mais il s’agit ici plus d’une renaissance même si la Warner ne peut offrir que des reprises à l’interprète du magistral « Nothing Comparés ». Beau travail, l’ami. Et bon vent à tes « Faux jumeaux ». Amicalement. J-Y
seelen Le 2010-01-06 09:52:56, seelen a écrit:
Cher Onde de Choc,

Tu portes bien ton pseudo et tes ondes me font encore réagir,

Ton sujet est passionnant, tu as écris ci-dessus, je te cite ici"

... " Parfois l'inspiration vient tout naturellement, le morceau prend forme du néant et, si tout va bien, le public suit.
En d'autres occasions l'inspiration vient de ses prédécesseurs ou de ses contemporains. Certains artistes affichent clairement l'affiliation de leur création, d'autres la réfutent. Et peut-être les coïncidences existent-elles… tant de chansons sortent chaque année. "

Mais de quoi parle t'on en fait ?

De plagiat ou d'inspiration, de coïncidences harmoniques ou de rapports de maîtres à élèves, d'ancien à nouveau, de tradition à contemporain ...

Pour moi, il n'y a pas de création ex-nihilo, venant d'un néant inspiré par l'inconnu ou venant des synapses particulièrement géniales d'un super créateur , mais tout s'inspire de tout, tout part de tout, ....

....aucune création humaine quelle qu'elle soit ne peut sortir du néant,...

.... le néant c'est la mort et la création vient, ne peut venir que de la vie d'avant nous, d'autour de nous, de ce qui a existé ou de ce qui existe ...

... l'apprentissage d'un Art passe par l'Art de la Copie c'est la Loi de la Connaissance et de la Création humaine ... et celle de tout renouveau créatif ...

... L'Art du créateur inspiré et d'ajouter la trouvaille, l'idée nouvelle à sa copie qui fera d'elle ce qu'on appelle une nouvelle création.

Ainsi ici je n'invente aucune nouvelle théorie sur la créativité ou l'invention.

L'école de philosophie et de sociologie inspirée par le français Gabriel Tarde à la fin du 19ème siècle a décrit après une longue lignée de penseurs, les éléments de compréhension de la création humaine, celle-ci passant par l'Art de la copie et par sa rencontre avec l'existence de ce qu'on appelle une Idée.

Pour ce que j'en dit ... Phil Seelen Artiste Imagier
Novalpha Le 2010-01-05 23:38:04, Novalpha a écrit:
Passionnant, documenté, bien écrit...C'est ton métier? en tous cas, je suis admiratif!
Juste pour info, la séquence harmonique du Canon de Palchelbel existait depuis bien longtemps, mais d'avantage comme un "lieu commun" dédié à l'apprentissage de l'harmonie que comme une composition propre : le génie de Palchelbel aura été de pousser la logique de l'exercice jusqu'au bout...
Parmi les plagiats inavoués (que je sache), il y avait une inénarrable bluette qui s'appelait "Midnight blue" qui reprenait un thème d'une sonate de Beethoven, et on peut aussi mentionner le fait que l'ouverture d'Equinoxe de Jean-Michel Jarre est pompée sur le début de la 9ème de Beethoven (je crois qu'il y a du Vivaldi et peut-être du Brahms dedans aussi).
Je ferai quelques recherches, mais il me semble me souvenir d'un riff quasi-identique chez Téléphone et Thin Lizzy...
Pour mémoire, on se souviendra des citations de Gainsbourg (reprise "sérieuse" d'une étude de Chopin pour "Lemon Incest") ou de Thiéphaine (reprise "speedée" à l'orgue Bontempi d'un thème de la 5ème symphonie de Beethoven, crédité d'un cordial "Merci au camarade Ludwig Van" dans une chanson de l'album "Autorisation de délirer" - je crois que le titre de la chanson était "Enfermé dans les WC (avec la fille mineure des 80 chasseurs" (!) )
Ouf! j'ai assez martyrysé la syntaxe pour ce soir!
Merci encore de cet article!
Umia Le 2010-01-06 13:27:23, Umia a écrit:
Article très intéressant qui aborde le processus de création peut-être dans son aspect le moins glamour. Je lisais récemment un entretien de Prince dans lequel il parlait brièvement de la relation maître/esclave imposée aux artistes par les majors pendant des années. Lorsque l'inspiration devient contractuelle, quel bel oxymore! Prince relevait justement la totale liberté qu'offre désormais internet, l'artiste s'adressant directement à son public sans intermédiaire et à son rythme de création. Partager immédiatement en ligne un nouveau titre offre une interactivité certainement jouissive. Naomiu avait d'ailleurs traité dans son article des nouvelles technologies et de leur impact sur la musique (tiens, ce serait intéressant de pouvoir accéder aux archives des articles des Jiwers…).

Le processus de création artistique (tout art confondu) est complexe et qui plus est individuel…

Merci OdC d'en avoir esquissé certaines lignes. Et surtout GENIAL d'en avoir tiré une PL si originale dans la démarche ! Tes faux jumeaux n'ont pas fini de gazouiller!^^
ATAMO Le 2010-01-11 00:03:26, ATAMO a écrit:
Bravo OdC ! Quelle qualité littéraire ! Sans parler de la référence mythologique.. Je suis épaté.
Quant à la sélection illustrant le concept : Parfait.
Dans ton article, tu cites Moby en ce qui concerne les samples, que penses-tu de Beck, même si ses "emprûnts" à lui sautent moins aux oreiles ?
cyrcle Le 2010-01-06 13:16:08, cyrcle a écrit:
Super, merci Onde de Choc.
Je résonne avec les commentaires de Seelen.
La création artistique commence inévitablement avec nos connaissances, et l'appropriation, de tout ce qui a préexisté, puis de ce que nous en faisons en confrontant ce bagage, à notre univers, au présent.
(:)cc
kryxx Le 2010-01-06 10:47:19, kryxx a écrit:
article très interressant et argumenté. pour viva la vida, j'avais vu une vidéo sorti d'une émission TV où l'on voyait le Grand obispo parti dans un délire de star sur un clip et une chanson tout droit sortie de viva la vida !!! bref, du coup, un plagia de plagia